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Casernes Baumont-Chauveau : Une opération de communication pour le Maire

Voici une semaine, le maire de Tours a présidé, selon les termes de sa com’, la « cérémonie de démolition symbolique du site des casernes » !

Lorsque l’armée a annoncé en 2009 qu’elle quittait le site des casernes Beaumont-Chauveau la Ville a aussitôt manifesté son intérêt pour le site des anciennes casernes désaffectées et réussi à obtenir un prix bas du fait de la décote « Duflot », correspondant à la future construction de 30% de logements sociaux sur le site. En parallèle, une large concertation intitulée « Mobilisez-vous ! » a été organisée avec les habitants des quartiers contigus aux casernes d’où est ressorti un projet d’écoquartier qui serait desservi au sud par la seconde ligne de tramway et connecté au réseau de chaleur. La Ville a ensuite négocié et obtenu une compensation intéressante en termes d’emploi consistant en la venue à Tours des DRH de l’armée de l’air, de l’Armée de Terre et de la Marine Nationale. 

Sur les casernes, s’agissant d’un projet d’écoquartier,  le choix avait été fait d’immeubles de haute qualité environnementale, privés, sociaux et en accession aidée à la propriété et de résidences universitaires. À l’instar de ce qui s’était fait à Monconseil, on prévoyait aussi de refaire totalement l’école Maryse Bastié compte tenu de l’afflux prévisible de population nouvelle. Et, toujours comme à Monconseil, il était prévu de commencer la réalisation de ce nouveau quartier par un vaste parc, véritable poumon de verdure, comme en témoignent les visuels réalisés à l’époque par le cabinet d’architectes urbanistes Bruno Fortier qui continuent d’ailleurs d’être mis en avant aujourd’hui, sept ans après.

Car, en effet, beaucoup de temps a passé et, ici comme ailleurs, la nouvelle majorité municipale a tout stoppé en 2014. En premier lieu, à cause de son allergie au logement social, 30 %, c’était beaucoup trop selon elle. Elle a donc renégocié l’acquisition pour parvenir à perdre énormément de temps et d’argent des Tourangeaux. L’écoquartier est passé à la trappe et, après cinq ans et demi d’immobilisme, à l’approche des élections municipales, on a bricolé, sans véritable concertation, un semblant de projet d’où il ressort que l’on construira sur le site des logement privés à des prix très élevés pour Tours, selon leurs propres déclarations jusqu’à 5 000 euros le mètre carré qui excluent les foyer modestes et même moyens. On prétend vouloir faire 20 % de logements sociaux mais on ne dit pas la localisation exacte, ni le bailleur social qui réaliserait l’opération, ni le niveau de qualité environnementale des constructions, etc.

Depuis le projet initial, l’urgence climatique s’est confirmée et aggravée et le besoin de construire selon des normes exigeantes et adaptées, de planter un maximum d’arbres et de réduire le plus possible l’artificialisation des sols sont encore plus évidents, bref de faire un écoquartier nouveau pour les années 2025-2035. 

Le moment venu, Tours En Mouvement reviendra vers les habitants de l’ouest Tourangeau pour bâtir avec eux leur nouveau quartier des casernes. 

Ceux-ci pourront d’ailleurs bientôt s’emparer d’un aspect très important du projet : la ligne nouvelle du tramway que la municipalité envisage de faire passer par un itinéraire inadapté, au nord, par des rues étroites comme celle du Plat d’Etain. Car oui, elle envisage, mais les Tourangeaux auront leur mot à dire et Tours En Mouvement les appelle à se manifester massivement lors de l’enquête publique qui va prochainement précéder la demande de déclaration d’utilité publique au représentant de l’État, préalable obligatoire au choix définitif du trajet de la nouvelle ligne. 

Toutes ces gesticulations de dernière minute après des années perdues sont dérisoires et vous trancherez en mars prochain en mettant fin à cette piteuse parenthèse pour notre belle ville de Tours.

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