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À propos du Sanitas…

Le logement social est un atout pour la ville de Tours qui pendant de nombreuses années a su le moderniser. Il participe de l’équilibre des populations de la ville et jusqu’à récemment sans perturber la tranquillité publique. C’est le fruit du travail de Jean Royer puis à compter de 1995, de Jean Germain, épaulé par Arlette Bosch, qui a su le poursuivre et l’amplifier en particulier à travers Tours Habitat et qui permet encore aujourd’hui d’offrir un logement abordable pour les familles et pour les jeunes.

Le Sanitas est un quartier populaire au centre de la ville et de la métropole. C’est un quartier jeune, plein d’avenir et une immense majorité des jeunes du Sanitas veulent réussir et sont soutenus par les associations de quartiers qui font un travail remarquable. Une bonne partie de l’habitat du quartier est de qualité, notamment grâce aux rénovations menées par Tours Habitat dans le cadre de la tranche précédente mise en œuvre avec l’aide de l’agence pour la rénovation urbaine (ANRU).

Le maire de Tours vient de présenter le nouveau futur projet qu’il entend développer sur le quartier grâce au soutien financier de l’ANRU pour un second programme. Il présente le résultat obtenu comme grande victoire. En vérité il n’en est rien, le soutien obtenu de l’ANRU est tout simplement normal et au mieux dans la norme des autres villes et agglomérations similaires.

Sur 128 millions € d’investissements proposés, l’ANRU a prévu pour Tours un soutien de 47 millions € dont 6 de prêts, exactement comme Dreux, sous-préfecture de l’Eure-et-Loir comprenant environ 30 000 habitants. A titre de comparaison, des villes proches d’importance comparable à Tours comme Angers et Orléans ont obtenu respectivement 73 et 70 millions €, chacune avec des programmes autrement plus ambitieux. Plus loin, Grenoble a obtenu 112 millions €.

Le triomphalisme de M. Bouchet est donc bien excessif et assez dérisoire

D’autant plus que le contenu lui-même du programme proposé est des plus classique avec, pour l’essentiel, la démolition de 472 logements sociaux (dont la barre Saint-Paul fin 2019) et une reconstitution partielle pour l’essentiel en dehors du quartier. Sur ces nouveaux logements sociaux situés en dehors non seulement du quartier du Sanitas mais même de la Ville de Tours, le plus grand flou règne en attendant avec impatience les propositions des villes de la Métropole les plus riches. D’autant plus que tout ceci se fait au profit des promoteurs privés par exemple avec la barre Saint-Paul remplacée par une résidence étudiante privée et des logements privés en accession.

Le même flou est de mise quant à la démolition du bâtiment du CROUS qui participait de la mixité sociale du quartier et dont on se demande bien où il va être reconstruit, en tous cas pas au Sanitas !

On reste sans voix devant de la fable de la mixité sociale que nous sert le maire alors qu’elle existe déjà à Tours depuis longtemps, ne serait-ce que par la position du Sanitas, en plein centre-ville, à immédiate proximité des Prébendes, du boulevard Heurteloup ou de Velpeau.

 Sur le plan économique, rien ou presque !

Sinon de vagues projets de restructuration du centre commercial de la Rotonde qui attendra 2027 ! Alors qu’il y a tant à faire sur la partie du Sanitas la plus proche de la gare qui pourrait accueillir des activités économiques tertiaires mais aussi dans le domaine de l’économie sociale et solidaire.

Le maire s’est entêté auprès de l’ANRU pour faire financer un pharaonique projet de Centre municipal des sports de 30 millions € pour lequel il n’a obtenu qu’un million (sans même prévoir les places de stationnement alentour nécessaires pour ce type d’équipements).

On s’interroge sur le financement des 29 autres millions quand on sait que cette municipalité n’a même pas été capable d’engager en 2018 le montant prévisionnel des investissements d’un montant de 30 millions €  : elle n’a su en mobiliser que 18 ! On retrouve dans ce projet la marque de fabrique de M. Bouchet : beaucoup de communication et peu de résultats concrets.

Bien sûr l’ANRU, va financer la démolition et la reconstruction des écoles du quartier dans la décennie à venir, mais c’est un strict minimum qui figure d’ailleurs dans tous les programmes de l’ANRU des autres villes.

Par ailleurs, quelle est la politique de la ville en matière de renouvellement urbain sur les autres quartiers populaires ? Rien sur Maryse Bastié ! Rien sur les Rives du Cher, Rochepinard, les bords de Loire ou la Bergeonnerie, sans compter certains quartiers du centre-ville issus de la reconstruction après-guerre qu’il faut aider à se mettre aux normes environnementales.

Enfin, que dire de la pseudo concertation avec les habitants réduite au strict minimum, qui s’est bornée à les informer des projets décidés par un homme seul alors que de nombreuses villes de même catégorie ont réellement déployé des outils de démocratie participative permettant à chacun, non seulement de s’exprimer, mais surtout de proposer et contribuer à l’amélioration réelle des projets de renouvellement urbain des quartiers.

Les habitants du Sanitas méritent bien mieux que ce projet sans relief, que ce discours lénifiant et prétentieux, sans réelle volonté politique d’inscrire le quartier comme un enjeu fondamental de l’urbanisme de la ville de Tours pour les 10 prochaines années.

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